1989 L’ancien maire battu

Nous sommes en mars 1989, Jean Ratelade, maire sortant vient de se faire battre par un inconnu au village, Francis Field, arrivé tout juste un an auparavant.

Le nouveau conseil se met en place (13 d’un coté, 6 de l’autre), avec quelques noms que l’on retrouve encore aujourd’hui, Alain Hébrard, adjoint aux finances, Jean Baridon, conseiller, puis adjoint un peu plus tard en 1994, ces deux personnes étant devenus maires de la commune par la suite.

Jean Ratelade vient tout juste de terminer la construction des ateliers communaux, de la caserne des pompiers et du tennis de la Quère.

Magnifique tennis, bien ensoleillé au cœur d’une vaste propriété (ancienne ferme) acquise par la commune. Une deuxième plateforme est également réalisée, juste à coté du premier, prête à recevoir le deuxième tennis prévu. Certains aimeraient même un petit mur d’entrainement et l’idée de créer un club fait son chemin.

Droite Gauche, le partage

Mais, la nouvelle équipe vient d’arriver. Et comme souvent en politique, il est courant de casser le travail des précédents élus afin d’imposer ses propres marques. Mais enfin, vous allez dire « à Mirefleurs ce n’est pas possible, nous ne sommes pas politisés à ce point » ?
Aujourd’hui non, il n’y a même plus de deuxième liste concurrente depuis plusieurs mandats. Mais à l’époque, oui ! Peut-être que l’ancien Maire Alain Hébrard qui a su habilement naviguer entre les sensibilités différentes de ses conseillers y est pour quelque chose ? J’en suis relativement persuadé
Il y avait une équipe dite « de droite » et une nouvelle équipe dite « de gauche ».
L’élection de Mitterrand était encore récente et la perméabilité entre les groupes était quasiment nulle (le Modem ou la Macronie n’avaient pas encore été inventés!).

Abandon du projet de la Quère

Donc, nouvelle équipe, nouveau projet.
Faut-il construire un deuxième tennis largement subventionné par l’Etat à cette époque? Après bien des hésitations, la majorité (13 élus sur 19) se met à peu près d’accord. Ok pour un deuxième tennis. Mais pas question de le faire à coté du premier, il convient dit-on « de regrouper les activités sportives au Daillard » . Un conseiller ajoute même « qu’il ne faut pas faire un deuxième court sur un océan de boue » (allusion au site de la Quère dont les abords ne sont pas achevés donc non stabilisés).
L’ambiance comment à chauffer un peu. Oui mais alors, quid du projet de club, de tournois, de plateforme d’entrainement?

Des devis très bizarres

La majorité se met alors à fournir des devis tous aussi curieux les uns que les autres selon la qualité du projet. On parle d’un revêtement superficiel en bitume, en peinture, en béton drainé, on parle de grillage sur un coté et d’arbres sur un autre, de remblais, de déblais. Une semaine plus tard, on voit arriver un nouveau devis qui montre encore une autre version.
Bref des mois de délire et après une présentation financière habile, c’est désormais évident, un court au Daillard couterait un tiers de moins qu’un court à la Quère.

Enfin, parait-il car l’opposition de l’époque demande un devis comparatif avec les mêmes matières. Devis qu’ils n’obtiendront jamais.
On retrouve même l’avis d’un adjoint de Francis Field qui déclarait cette différence de prix (coût du tennis existant et celui prévu) « anormale vu l’énormité et la différence des coûts présentés ». L’opposition fait faire ses propres devis qui confirme le coté suspect des chiffres présentés. Rien n’y fait, ces devis sont refusés et jugés « non valables » sans même les lire !

Un choix dit « rationnel »

Donc une seule version, une seule possibilité, pas de commission travaux préparatoire, l’affaire est entendue et le tennis au Daillard est voté en novembre 1989 pour un montant déclaré de 179.000 F (43.800 € aujourd’hui).
On parlait alors à l’époque « de choix rationnel ».
Six mois plus tard, on pose la peinture finale pour recouvrir le sol en bitume du tennis du Daillard

Changement de majorité en cours de mandat

Mais faisons ici une petite parenthèse politique.
Cinq ans après l’élection de Francis Field, la majorité se déchire et éclate. Nous retiendrons la version officielle, la goutte d’eau dira t-on.
Le différent était du au désaccord sur l’emplacement de la future maternelle. Une partie de la majorité la voulait en haut, près de l’école élémentaire, une autre partie de la majorité menée par Alain Hébrard la voulait en bas sur un nouveau terrain vierge.
A ce moment, on ne peut s’empêcher de faire un lien. Encore une fois des différences s’affichent sur une implantation haute ou basse d’un équipement public. Pour rappel, n’oublions pas que l’école élémentaire qui devait déménager en bas a été « bricolée » et agrandi en haut par Alain Hébrard qui pourtant à une période ne jurait que par son implantation en bas.
Mais revenons à notre conseil municipal.

Changement de majorité en cours de mandat

Mais faisons ici une petite parenthèse politique.

Cinq ans après l’élection de Francis Field, la majorité se déchire et éclate. Nous retiendrons la version officielle, la goutte d’eau dira t-on.

Le différent était  du au désaccord sur l’emplacement de la future maternelle. Une partie de la majorité la voulait en haut, près de l’école élémentaire, une autre partie de la majorité menée par Alain Hébrard la voulait en bas sur un nouveau terrain vierge.

A ce moment, on ne peut s’empêcher de faire un lien. Encore une fois des différences s’affichent sur une implantation haute ou basse d’un équipement public. Pour rappel, n’oublions pas que l’école élémentaire qui devait déménager en bas a été « bricolée » et agrandi en haut par Alain Hébrard qui pourtant à une période ne jurait que par son implantation en bas.

Mais revenons à notre conseil municipal.

Le maire Francis Field démissionne

Donc désaccord de la majorité sur l’implantation de la maternelle et nous arrivons au conseil municipal du 12 juillet 1994. L’ambiance est détestable, la majorité se fait la gueule, l’opposition est aux anges.
Et arrive l’heure du vote. Les contestataires au maire Francis Field sont menés par un leader de choix puisqu’il s’agit d’Alain Hébrard. Allié aux voix de l’opposition, Francis Field est mis en minorité et annonce immédiatement sa démission de maire. Mirefleurs s’engage alors dans une nouvelle élection complémentaire (il manquait deux élus dus à un décès d’un adjoint et la démission d’un autre pour désaccord).

Un nouveau conseil Modem avant l’heure

Le nouveau conseil alors au complet est composé des dissidents que certains classaient « à gauche » et des anciens minoritaires que d’autres classaient « à droite ».
Ce « Modem » de l’époque élit dans la foulée Alain Hébrard comme maire.

Un tennis en friche

Vingt ans presque se sont écoulés. La zone est définitivement abandonnée, il manque de grands pans de grillage, le court est devenu une zone libre ou chacun essaie d’y trouver son plaisir. Certains y jouent au foot, d’autres au rodéo automobile, d’autres en font un lieu de rencontres nocturnes avec « échanges de bons produits ou de bonnes manières… ».
Nous sommes bien loin de l’idée sportive de base.

Et toujours Alain Hébrard

Et voici une nouvelle élection, celle de 2008, Alain Hébrard est toujours maire, Jean Baridon a fini par revenir pour rejoindre le maire et est nommé adjoint. Pour rappel le premier était pour le tennis du bas, le deuxième pour le tennis du haut)
Il est proposé au conseil d’arracher définitivement le court du tennis du Daillard. La zone deviendra libre pour créer un terrain d’entrainement pour les footballeurs.
Quelques mois plus tard, les bulldozers entrent en action, tout est arraché, tout est enlevé, le terrain est remis en herbe pour le plus grand plaisir des entrainements des footballeurs.

Vingt ans se sont écoulés C’est ainsi que le projet de deux terrains de tennis à la Quère s’est achevé et que l’idée d’un club n’a jamais pu se concrétiser. Un échec, une erreur sans aucun doute pour les choix de l’époque, mais c’est ainsi que s’est fait l’histoire de la commune.

Ecrit par Jean-Pascal Belouin
Conseiller municipal de 1989 à 1995
Adjoint au maire de 1995 à 2008
en avril 2021